35 mois…

35 mois…

35 mois c’est le temps qui m’a fallu pour tomber enceinte. Près de 3 ans, une éternité pour certaines, un délai convenable pour d’autres, moi je trouve que vu les circonstances et avec le recul, finalement, c’était plutôt rapide.

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La première année s’est écoulée sans que je ne prête attention à mes cycles, la seconde a vu naître le doute, qui est devenu de l’angoisse et finalement est devenu un grand désespoir : Cela faisait 2 ans que nous essayions d’avoir un enfant et nous découvrions que notre couple souffrait d’une infertilité sévère. Les médecins ont été formels, cela ne pouvait qu’empirer au fil des ans, cette infertilité sévère risquait de devenir stérilité. Notre seul espoir était une FIV-ICSI, mais les chances d’aboutir à une naissance restaient minces.

Je ne vous cache pas que les premiers jours ont été terribles, j’en voulais au monde entier, mon cœur était brisé, mon monde s’est effondré. Oui ça en fait des clichés, mais je vous jure c’est vrai. La haine, la rancoeur et la tristesse sont déstructrices et ne font pas venir les bébés, le jour où je l’ai compris, j’ai eu à cœur à rebâtir ma vie, ramasser les miettes et me construire à nouveau.

Je me suis alors demandé si j’avais une belle vie et comment je pourrais la rendre encore belle. J’ai un mari fantastique, des amis en or, une famille formidable, nous ne manquions de rien, oui je pense avoir une belle vie. A cette époque, je n’étais jamais allée en Asie du Sud-Est, c’était un vieux rêve, et nous avons pu le réaliser en partant en Malaisie quelques mois plus tard. Ce voyage reste le plus beau que j’ai fait, je vous ai parlé à plusieurs reprises pour mon amour pour ce pays. Alors oui, on peut être heureux même sans enfant.

Bien sûr il y a ce manque, alimenté par nos hormones et cette vieille pute d’horloge biologique qui te rappelle sans cesse que chaque cycle qui passe te bouffe un peu plus ton capital ovarien. Ce manque je n’ai pas pu lutter contre mais j’ai accepté de vivre avec. Je m’étais résignée à peut-être ne jamais être mère mais j’étais heureuse.

La suite vous la connaissez, nous avons eu l’immense bonheur que notre première FIV-ICSI ait fonctionné, et de devenir parents d’une merveilleuse petite fille en pleine forme 9 mois plus tard. Plus qu’un bonheur, une vraie bénédiction. J’avais déjà une belle vie, et aujourd’hui elle l’est encore plus.

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Je lis beaucoup de récits de mères qui  « ne pourraient pas supporter l’infertilité » ou de femmes pour qui l’attente est destructrice et source de peines, j’ai côtoyé le desespoir dans la salle d’attente du service de PMA… Je suis triste de lire que pour beaucoup de femmes, la maternité reste seul gage d’une vie épanouie. Les filles, cherchez les belles choses que la vie vous a apporté, cela ne fait pas venir les bébés non plus, mais cela rend l’attente plus douce.

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