Cet instant qu’à nous…

Cet instant qu’à nous…

Faut que je vous avoue quelque chose, je suis assidument Baby Boom, j’aime voir la venue au monde de ces enfants… Si la naissance de ma fille n’est pas le plus beau jour de ma vie, il reste néanmoins un jour unique, incroyable, fou : Le début de ma vie de mère, l’entrée dans ma vie de celle qui compte aujourd’hui le plus à mes yeux, et qui compte chaque jour un peu plus. C’est peut-être pour cela que j’aime Baby Boom, comme on aime se rappeler certaines rencontres, ces naissances me renvoient à ce jour si incroyable.

Donc il y a un peu plus d’une semaine je regardais Baby Boom, au programme du jour, les familles. Je ne vais pas vous faire un résumé, mais on voyait certaines familles qui attendaient pendant des heures en salle d’attente pendant que le travail suivait son cours. 

Je me souviens de ces familles, j’ai eu le temps de les observer lors de mes nombreux passages par la salle d’attente des urgences gynécologiques (1 accident de voiture, 1 fausse alerte, 1 consultation de terme, 1 suspicion de fissure de la poche des eaux , 1 fissure de la poche des eaux avérée 24heures plus tard, des déambulations nocturnes dans l’espoir de faire avancer un travail interminable… ), et franchement je me suis toujours demandé qu’est ce qu’elles pouvaient bien faire ici ! J’avais beau retourner le problème dans tous les sens, vraiment je ne comprenais pas l’intérêt de leur présence, d’autant plus que dans ma maternité, il n’était pas possible de changer d’accompagnateur, alors vraiment cela n’avait aucun sens !

En ce qui nous concerne, nous avions fait le choix, de ne prévenir personne en dehors de ma sœur de mon admission, parce qu’on ne voulait pas être dérangés et nous ne voulions pas les inquiéter… Les portables ont été rangés dans le sac, j’ai seulement envoyé 2 SMS dans la journée à ma sœur pour la prévenir que tout allait bien mais que c’était long, très long ! 

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Un jour faudra que je trouve comment atténuer le bruit…

Et quand j’ai enfin tenu mon enfant dans mes bras, je n’avais pas la moindre envie de partager cet instant avec qui que ce soit, nous n’étions plus que tous les 3 : Son père, elle et moi. Et pourtant nous n’étions pas seuls dans cette pièce, un accouchement pathologique dans un CHU c’est pas moins de 8 personnes qui étaient à nos côtés (équipe médicale et élèves), et même si nous leur étions reconnaissants pour tout, nous étions complétement dans notre bulle profitant de nos premiers instants à 3.

Et puis nous sommes sortis progressivement de notre bulle et nous avons décidé de partager notre bonheur avec nos proches. Au moment où l’homme récupéra son téléphone, mon père nous appelait, nous lui avons donc annoncé la nouvelle et l’avons chargé de prévenir le reste de la famille. Puis l’homme envoya des textos à sa famille. Je n’ai prévenu mes amis les plus proches que le lendemain et les autres le sur-lendemain, ainsi je n’ai pas été beaucoup dérangée, c’est ce dont j’avais besoin.

Et samedi matin, j’ai reçu à 7h30 le texto m’apprenant que ma sœur avait commencé le travail, à 9h que la péridurale était posée et plus rien ! Pour la première fois depuis mon propre accouchement, une de mes proches allait mettre au monde un enfant, j’ai vécu ce mélange d’excitation et d’inquiétude, l’envie de me mettre dans un trou de souris pour savoir s’ils vont bien, j’ai eu envie d’y aller dans cette foutue salle d’attente même si cela ne sert à rien. Heureusement, je me souviens que j’aurais détesté cela, alors je me contiens, résiste à l’envie d’y aller, à l’envie d’appeler. Mais plus les heures passaient, plus je jetais un oeil frénétiquement à mon portable au cas où je n’aurais pas entendu la sonnerie. 

Enfin à 16h, la délivrance, l’angoisse laisse place à la joie, je reçois le sms qui m’annonce que mon neveu est né 2 heures plus tôt. Il n’y avait pas de réseau dans la salle d’accouchement. Ils ont pu ainsi profiter de leur instant qu’à eux, pendant leur journée unique, incroyable, folle : Le début de leur vie de parents, l’entrée dans leur vie de celui qui compte aujourd’hui le plus à leurs yeux, et qui compte chaque jour un peu plus.

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